UnBabel: un blog de résistance

Elargir la démocratie

Pour des établissements d’éducation nouvelle et citoyenne e avril 13, 2012

Cathy Bousquet, Jacques Ladsous, Sébastien Chinsky

Entre 2009 et 2012 s’est déroulé un séminaire proposé par MP4, le MILH et le CEDIAS sur « Demain, quelles politiques sociales de solidarité ? »  Tous les deux mois, près de 80 personnes ont participé à ce travail collectif. D’abord, il s’est agi d’ouvrir la boite noire et d’examiner la naissance des politiques publiques, la part du droit, celle de l’administration, de l’exécution des missions d’intérêt général, des professions et des usagers ; puis de réfléchir aux conditions d’une reconstruction du faire société, de l’éducation, de la protection de la jeunesse, des opportunités et contraintes européennes et internationales, des ressources 

Au fil des rencontres du séminaire a émergé de plus en plus clairement l’impossibilité de promouvoir des politiques sociales de solidarité sans projet politique incluant notamment l’éducation. L’Éducation nationale recense plus de 280 000 élèves « décrocheurs ».

L’exclusion scolaire, pour l’élève, nait d’un sentiment, le sentiment de ne pas pouvoir trouver sa place dans l’enseignement tel qu’il est dispensé dans l’Éducation nationale, mais plus généralement dans l’ensemble des centres de formation. Ce sentiment est la résultante du parcours d’un individu qui, à un moment ou un autre de sa scolarité, a rencontré une phase de décrochage scolaire. Le décrochage ne doit pas être entendu dans son acceptation habituelle, un enfant qui décroche n’est pas uniquement un élève qui n’a pas obtenu le diplôme minimum auquel il aurait dû prétendre. Le décrochage scolaire est le fait pour un élève de rompre, ponctuellement ou durablement, son lien avec l’établissement scolaire qu’il est censé fréquenter. Ce lien peut être physique (l’élève ne se rend plus sur son lieu de formation) ou cognitif (il est en cours mais n’assimile pas son contenu).

Ces phases de décrochage peuvent autant être des passages brefs, durant lesquels l’enfant ne comprend ni le sens de sa présence en cours, ni le contenu des cours qui lui sont dispensés qu’être de longue durée. Lorsque ces phases sont brèves, ce sont les capacités d’autonomie de l’enfant, sa sécurité affective, la mobilisation de ses parents et de ses proches, voir la mobilisation des “éducateurs”  qui rendent cette brièveté possible. Néanmoins, ces phases de décrochages peuvent s’étaler sur un temps plus important et prendre une plus grande ampleur. Certains élèves plongent complètement lorsque leur est demandé la maîtrise des savoirs de base (écriture, lecture, base du calcul). Certains plongent sans que ni l’investissement de leur proche, ni celui du milieu éducatif ne puisse enrayer la dynamique de rupture qui est alors la leur.

M. Sarkozy pense qu’il faut transformer l’école, nous pensons aussi qu’il faut la refonder. Mais au lieu d’aller dans le sens qu’il propose qui favoriserait la construction d’une élite, nous souhaitons qu’elle redevienne l’école de tous au lieu d’être une machine à exclure. Comment ?

L’école par laquelle nous sommes toutes et tous passéEs ne peut pas être un lieu d’acquisition de connaissances (et de leur mesure) sans un travail en profondeur de socialisation (au sens des apprentissages du vivre ensemble). Cela ne peut pas, ne peut plus être l’affaire d’un seul corps institué ; il ne peut pas être isolé et seul responsable de cette « réussite éducative » demandée, souhaitée.

Imaginons des centres scolaires allant du cours préparatoire à la 3e, animés par des équipes éducatives où se retrouveraient des enseignants, des professionnels du social, des soignants, des psychologues. Au lieu d’avoir l’école et à côté des lieux de récupération de ce que l’école ne supporte plus, nous aurions des lieux collectifs où chacun aurait le pouvoir d’exister, quel que soit son origine, son handicap, son sexe, sa culture première, pouvant progresser à son rythme, selon son potentiel et ses moyens, jusqu’à la fin du cycle scolaire où se présenterait son orientation : lycée et enseignement supérieur, apprentissage et brevets professionnels, travail protégé et accompagné (ce qui était contenu dans les propositions de Langevin et Wallon, issues du Conseil national dela Résistance).

Chaque centre scolaire disposerait de salles de classe toutes accessibles, mais aussi d’un dispensaire, d’une salle de théâtre et de concert, d’un gymnase, d’une salle d’accueil des familles, tous équipements permettant l’acquisition d’une culture générale, en même temps que la satisfaction d’un certain nombre de besoins, liés au corps, aux sens, aux disciplines de l’esprit et surtout l’apprentissage d’une vie

 

Rapport Bur et TVA Sociale janvier 5, 2012

Filed under: Uncategorized — sebchin @ 6:36
Tags: , , , , ,

mediapart

Le rapport de Monsieur Bur à le mérite d’être un travail honnête. J’entends par travail honnête un travail qui ne masque pas la réalité mais tisse un état des lieux et fait des choix.

Monsieur BUR part du principe qu’il faut exonérer les entreprises d’une partie de leur charge pour leur permettre de gagner en compétitivité. Mais il reconnaît deux choses :

1- les entreprises à l’export ont puisées dans leurs marges pour rester compétitives.

ceci sous entends que les nouvelles exonérations serviront soit à gagner en compétitivité, soit à diminuer l’effort consenti sur les marges. Il y a donc un fort risque que les exonérations servent à mieux rémunérer les actionnaires si l’État n’impose aucune règle. En résumé les entreprises augmenteront les dividendes touchés par leurs actionnaires aux moyens de fond publics. Il s’agit alors d’une ponction des consommateurs pour  nourrir les actionnaires.

Ou est la règle des tiers? 1/3 pour les actionnaires, 1/3pour les salaires, 1/3 pour l’investissement.

Monsieur BUR exclu toute augmentation des salaires (ce n’est pas son président qui parlait de gagner plus?) et n’évoque jamais eu incitation a l’investissement

2- Le manque de compétitivité est aussi dû a un manque de réactivité et de positionnement des produits;

Monsieur BUR reconnaît que pour de nombreux économistes le coût du salaire en France n’est pas le principal frein de la compétitivité. Dès lors le gouvernement fait le choix d’agir prioritairement sur une cause secondaire.

Enfin le rapport BUR pose l’hypothèse qu’il est légitime d’exonérer les entreprises d’une partie de leur participation à la branche famille parce que cette branche est déjà fiscalisé (nous payons des contributions pour cela) et que les prestations ne sont pas réservés aux travailleurs!

Il s’agirait donc d’une charge qui relèverait de la solidarité nationale et non de la sécurité sociale. Monsieur BUR, il s’agit simplement du fait que nous vivons dans un État social fondé sur un contrat social. Ce contrat est le principe de solidarité: Mais au delà les entreprises bénéficient des mesures  de la branche famille: Les salariés voient moins leur carrière interrompu pour des causes familiales. Monsieur BUR pointe l’ensemble des avantages que les sociétés retirent du système de protection sociale française. Est ce trop de leur demander de participer et de remplir leur part du contrat social?

Enfin donner une telle place à la question de la compétitivité dans un rapport traitant du financement de la branche famille de la sécurité sociale pose un problème éthique. Ethique car ce rapport laisse entendre que ce financement est la principal entrave au bon fonctionnement de l’économie. Le parti majoritaire nous désigne comme coupable, coupable de coûter trop cher à nos entreprises, entre autre de part notre protection sociale. La cause du déclin de l’industrie française est trouvée Après les 35 heures la faute aux cotisations patronales.

 

Le reigne de Babel: demain plus d’humain novembre 15, 2011

Longtemps j’ai écrie de la poésie,  transformé mes heurts d’adolescent mal fini en lettre universelle, j’ai ri, porter un regard tendre. Un jour l’encre s’est tarie.

Il m’a fallu  du temps quand je suis devenu père, pour savoir comment cette énergie allait ressortir, pour savoir ce que j’allais en faire. Je n’ai jamais aussi bien écris pour mes idées que pour mes sentiments. Unbabel est un petit bateau construit en amateur que j’envoie parfois affronter l’océan du monde, que j’envoie à la recherche de mes frères. Souvent le bateau revient vide comme un désert qui me brule quand je ramasse la coque.

Je vis à Babel et vous mes frères a Babel vous vivez.

Babel est un tour érigé par les hommes pour montrer leur puissance. La chute c’est quand les pierres ont rougis du sang des esclaves, des artisans, des ouvriers qui la construisaient. Qui construisaient Babel pour la gloire de quelques monarques, de quelques possédants. La tour a été abattue, l’histoire est resté. Nous reconstruisons la tour, pierres à pierres et nous sommes déja haut sur l’escalier.

Ce matin une mère me raconte un accompagnement de  sortie scolaire. Elle est revenue frappée, heurtée par la violence de la machine qu’elle a rencontré. Dans les faits, les mots des encadrants, professeur, aide, sont prononcés comme des jugements: On pointe la différence, on punit pour les fautes des parents. Certains “instituteur” oublient l’importance de l’enfant.  Oublient que les enfants se nourrissent de la parole des grands.

Quand elle me raconte, les mots, les échanges, le comportement des adultes, je vois pourquoi les enfants exclus dès quatres ans, je les reverrais en partie à 16 dans mon travail d’éducateur.

Bien sûr ce n’est qu’une école, bien sur ce n’est qu’une classe.

Est ce une société où la formation des maitres ignores si profondément qu’ils accompagnent la formation de petit être, de chose fragile que l’on appel “enfants”. Est ce une société Humaine?

Babel?

Babel parce que nous sommes prêts à sacrifier la qualité de vie pour l’équilibre des marchés.  Parce que la valeur de la vie humaine que la société occidentale à mis tant de temps à sacraliser  perd de nouveau son caractère sacré.

Babel parce que on peut se réjouir qu’un homme “politique” n’est rien lâché qu’il soit fort dure inflexible, sur de son droit, ouvert comme une huitre à la nouveauté. Hollande refuse même d’aborder la question de la sortie du nucléaire. Tant pis pour les déchets, tant pis pour le futur, continuons de vivre et faire vivre les ventrus du nucléaire.

Babel parce que des convictions pèsent moins que des postes et les idées peuvent bien attendre tandis que l’argent rentre, que vive Europe Ecologie et qu’elle prospère.

Babel parce que les fauteurs de troubles c’est les pauvres, ceux qui touche le RSA, ceux qui profite des arrêts maladies, et que personne ne se demandent de quoi ils sont malades, ces hommes, ces frères, mais qu’on le punira.

Babel parce que les politiques sociales coûtent trop chères mais que l’argent, pour les banques ne manque jamais.

Babel parce que je n’ai pas assez de place en centre maternel pour aider des mères isolées et abimées à prendre soin de leur enfant et d’elles même. Parce que je n’ai pas assez de moyens pour offrir une vie décente aux familles défavorisées, pas assez de foyer et de logement, pas assez de centre de secours pour les sdf, pas assez de foyer pour les jeunes en danger,  pas assez de moyen pour les jeunes délinquants

Babel parce que je n’ai assez de rien et qu’il manque trop de qualité à l’existant pour que je puisse espèrer que se construise une société.

Babel parce-que le sacrifice humain vaut bien la hauteur de la tour d’ivoire que construise les marchés et les nantis. Babel parce que l’espoir est une denrée rare et j’aimerais bien que vous m’en donniez.

 

Pourquoi la France n’est pas gouvernée: Election piège a con (Nouvelle interprétation) novembre 11, 2011

Filed under: Uncategorized — sebchin @ 7:19

J’ai récemment écrit sur la question scolaire: l’économie globale de ce que je présentais à un homme politique de gauche portait sur l’inutilité d’évaluer des élèves tant qu’une réelle réforme de l’éducation nationale ne sera pas envisagée. Il faut, disais je, que l’école soit un lieu qui apprenne la collaboration et les valeurs de solidarité et de collaboration dans la pédagogie même qu’elle choisit pour transmettre un savoir aux enfants.

L’individu reconnaissait l’importance de ce débat. Mais pas avant les élections parce que c’est un sujet trop polémique.

La polémique ne fait pas gagner de voix, elle risque même d’en faire perdre, les débats divisent les électeurs. Le principe d’une campagne électorale est donc de chercher du consensus, de mettre en avant des positions que l’opinion publique peut accepter sans trop les discuter. Il faut que cela soit du bon sens.

Le problème est que nous ne sommes jamais en dehors des périodes d’élection, il y a toujours un enjeu pour les partis, tout les ans. Il n’y jamais donc le temps de débattre et de parler des projets et des idées!

Prenons exemples: depuis 2007 nous avons, tous les ans, une élection

2007: Présidentielles et législatives

2008: Municipales et élection partielles pour des cantonales et des sénatoriales

2009: Européennes

2010: Régionale

2011: Cantonales et Sénatoriales

Et 2012….

Les élus locaux adaptent leurs politiques pour soutenir le candidat à l’échéance nationale. Les conseils généraux, par exemples, votent des budgets qui serviront avant tout à rendre visible les mérites de leur famille politique . Les Yvelines votent un budget où 800 millions sont destiné à la communication et dans le même temps font des coupes sombres sur les dépenses sociales: plus de prévention santé, réduction des budgets des établissements accueillant le public… .

Je suis près à parier que le budget communication, voiries ( ça se voit) et les aides pour les populations âgées explosent sur les territoires au détriments des actions à destination des populations défavorisées et ce principalement dans les territoires gérés par la “droite”‘ ( les citoyens bénéficiaires d’allocations d’aide sociale étant réputés voter à gauche) .

Les campagnes ont donc un double effet: elles impactent l’ensemble des budgets des collectivités locales (et nationale). Il s’agit de mener des actions visibles, de s’afficher, de montrer qu’on existe. Cela ne se fait pas nécessairement par un financement des actions d’aide aux populations essentielles mais dans une gesticulation qui nuit à la cohérence des programmes. Un département peut investir 18 millions dans un établissement en trois ans et décider de ne pas le doter de personnel suffisant pour le faire fonctionner parce que l’argent doit aller ailleurs.

Ces illustrations montrent que le besoin de visibilité des hommes politiques nuit à une gestion rigoureuse et cohérente des fonds publiques: je laisses à la cours de comptes le soins de mener une étude méthodique sur le sujet mais les quelques départements sur lesquels j’ai une visibilité alimentent ma conviction.

Le second effet réside dans le fait qu’a force de vouloir éviter la complexité des sujets pour éviter les polémiques qui risqueraient de diviser leur propre camps, les hommes politiques ne sont plus porteur d’idées fortes pendant les campagnes électorales. L’appauvrissement du débat pèse sur les électeurs et sur le niveau de conscience politique de la population. Le débat est pauvre parce que les hommes politiques ont peur  de faire réfléchir les électeurs.

Me voici donc avec deux problèmes générés par le fonctionnement de la Veme république:

- Les fonds publics sont mal utilisé car mis au service de campagnes éléctorales  et en cela rendent impossible une politique sociale, d’aménagement du territoire, de santé et éducative cohérente dans le temps.

-Les complexes des hommes politiques les amènent à appauvrir la conscience politique des citoyens.

Si je n’avais une profonde conviction que nous devons vivre dans un système où le peuple préside à sa propre destinée je tournerai là le dos à la démocratie. Mais étant utopiste par principe il va falloir que je m’astreigne, avec ceux qui le voudront, à imaginer comment sortir de cette chausse-trappe .

Si nous ne trouvons pas un moyen d’inscrire les politiques publiques dans une durée et dans une stabilité législative et financière nous voila condamné à la faillite au  niveau mondial:

- Impossible de mener une politique écologique responsable alors que l’urgence est là (selon certains spécialistes il est déjà trop tard pour éviter la monter des océans du fait du non-respect de Kyoto)

- Impossible de mener un politique financière, fiscale, de l’emploi, qui ne soit pas dirigé par le soucis des effets d’annonce: Le peuple le paye de plus en plus fortement.

La politique doit redevenir un sacerdoce habité par des porteurs d’idées et de principes

 

Au lieu d’étiquetter les enfants de 5 ans: Créons un service public de la petite enfance octobre 26, 2011

L’éducation  nationale présente dans son rapport « Aide à l’évaluation des acquis en fin d’école maternelle » un dispositif d’évaluation des enfants de 5 ans.  »

Et après tout quoi de plus normal ? Comment aider des enfants si nous sommes dans l’incapacité de mesurer et de comprendre leurs difficultés ? Comment mettre en place des dispositifs adaptés en l’absence d’outils d’analyse ?

Le document en question aborde 4 items : s’approprier le langage, découvrir l’écrit, découvrir le monde, devenir élève.  Il se compose de grilles, de fiches pédagogiques, et constitue en cela un outil comme un autre semble t’il.

 

A la lecture du document nous pouvons nous interroger sur la nature de la forte polémique qui est apparu quand le document à été rendu publique. Après tout, l’évaluation est un des fondements de l’enseignement public en France.

 

Pour comprendre l’origine de la polémique il faut dans un premier temps revenir sur le contexte dans lequel intervient ce document et porter attention au vocabulaire choisit.

 

En 2006 un rapport de l’INSERM laissait entendre qu’il était souhaitable de repérer les enfants présentant des troubles du comportement dès trois ans pour leur éviter un probable parcours délinquant. Le fait qu’il soit possible de prédire l’avenir d’un enfant de 3 ans, âge où tout est en mouvement est un premier choc. Les hommes politiques rebondissent sur cet aspect et y voient un réel déterminisme dans le parcours déviant d’un individu. L’évaluation devient donc un outil de « lutte contre la délinquance ».

 

Les trois catégories choisit pour analyser le comportement des enfants offre une lecture sur les buts poursuivi : «  Rien à Signaler », « à risque », « à Haut Risque ».  N’avons-nous réellement rien à signaler lorsque les enfants vont bien, n’est il pas de la mission d’une évaluation de poser un regard, d’analyser ce qui va bien, voir de la valoriser ?

Les deux autres catégories sont elles franchement inquiétante : La notion de Risque est une notion floue. Le risque c’est la potentialité de l’apparition d’un danger.

 

La loi du 5 mars 2007 concernant l’enfance en danger porte le même présupposé : Elle crée pour centraliser les signalements d’enfants en danger  des cellules d’informations préoccupantes. On remplace ici la notion de danger, par une notion plus floue « l’information préoccupantes », comme on remplace un éventuelle lacune repérée par la notion de « haut risque ».

 

Classer un enfant dans une catégorie de Haut Risque est une lourde responsabilité. S’il est catégorisé en Haut Risque il est potentiellement très dangereux. Nous voilà avec un enfant de 5 ans à qui on attribue un profil de futur ennemi publique. Il faut s’interroger sur le sentiment des parents face à un tel diagnostique. Il faut s’interroger sur la force de l’étiquette que l’on pose sur un enfant de 5 ans.

 

La psychologie sociale a pu mener des expériences sur la question des étiquettes. Elle à montrer qu’en découpant arbitrairement un groupe en deux catégorie, l’une considérée comme difficile l’autre comme ayant de forte capacité, on prédispose les « enseignants » et le découpage arbitraire devient réalité. Les sociologues nomment cet effet : effet Pygmalion ou prophétie auto-réalisatrice.

 

L’un des risques se situe ici. L’évaluation restant au dossier il crée une étiquette durable pour l’enfant qui risque bien de se voir prit, à son corps défendant, dans la prophétie auto-réalisatrice de son échec social. Et cela dès 5 ans.

 

On le voit le risque d’une évaluation est de produire l’effet contraire à l’effet rechercher : Elle influence les instituteurs et les futurs professeurs en ce qu’elle nourrit le présupposé que l’enfant est ce que l’évaluation disait qu’il était à 5 ans. Quand on a été classé à risque, quel professeur acceptera de croire qu’on en l’est plus ?

 

Mais à propos on repère pour faire quoi ?

 

Les promoteurs de cette évaluation nous parlent de prévention mais par nature une évaluation constate des lacunes déjà avérées. Elle peut au mieux permettre la mise en place d’un « traitement des symptômes » mais ne peut que difficilement prévenir.

 

Il s’agit donc d’inscrire des enfants qui potentiellement pourraient présenter plus tard des troubles gênant du comportement dans un dispositif particulier qui traite les problèmes non encore totalement survenus.

 

Un  écueil réside en la  stigmatisation qu’implique l’inscription dans un dispositif de traitement des lacunes : Un regard particulier sera porté par les autres enfants et leurs parents sur les enfants inscrit dans le dispositif de traitement des élèves à Haut Risque. Quel parent censé laissera son enfant jouer avec un enfant à Haut Risque ?

 

Si il faut crée des dispositifs quels sont les moyens pédagogiques, financier et humain qui seront dégagé ?

 

Le deuxième écueil réside en ceci : Si il y a des enfants qui sont à Haut Risque à 5 ans c’est que nous n’avons pas fait notre travail de prévention avant. Il faut donc redescendre, nous reviendrons alors au préconisation de l’INSERM et évaluerons notre enfance dès trois ans puis analyserons le comportement de l’enfant intra-uterin… .

 

Analyser et Evaluer les enfants dispensent d’une chose : Analyser et Evaluer les dispositifs mis à leur disposition. On recherche l’individuel sans interroger ce que la société met en place pour le bon développement des enfants.

Il est grand temps de cesser de scruter les enfants au micro-scope et de créer un service éducatif de la petite enfance qui servent d’appuie aux parents dans l’éducation de leurs enfant.

 

Les modes de garde des enfants entre 0 et 3 ans doivent être conçu comme des lieux développant un pédagogie et délivrant un apprentissage.

 

Plus d’un millions d’enfants entre 0 et 3 ans sont en dehors des lieux d’accueils de la petite enfance (crèche, Auxiliaire de Puericultrice, ….). Si la société est inquiète du developpement de la jeunesse qu’elle commence par donner les moyens à chaques enfants de disposer d’un accueil éducatif et de qualité entre 0 et 3 ans.

 

nous ne sommes pas assez riche d’humain pour refuser d’en elever un seul juin 9, 2011

La France n’est pas assez riche d’enfants pour qu’elle ait le droit d’en négliger un seul » proclame l’ordonnance de 1945 organisant la protection de l’enfance. Bien sûr notre pays présente aujourd’hui un taux de natalité qui témoigne de l’efficacité de ses dispositifs d’aide à la parentalité (crèches, écoles et assistantes maternelles). Le principe posé au sortir de la guerre conserve néanmoins tout son mérite.

On ne peut se contenter de créer les conditions d’un accroissement de la population et s’en satisfaire ; la richesse en enfants ne se résume pas à des chiffres. Elle doit être considérée à l’aune des besoins de chaque enfant pour s’épanouir au sein de la collectivité.

Être progressiste consiste à désirer que chaque génération participe à la construction d’une société plus juste. C’est en quelque sorte affirmer qu’il y a un sens à l’histoire. Ainsi chaque génération porte la responsabilité du système éducatif qu’elle lègue à la génération suivante. Cette responsabilité réside autant dans les possibilités que l’on donne aux enfants d’acquérir des connaissances, de la méthode et des savoir-faire que dans les valeurs que nous leur transmettons. Car l’école n’est jamais un lieu « neutre » dans lequel serait dispensé uniquement du savoir. La façon dont nous le faisons est l’expression des valeurs que notre société porte. L’éducation des enfants ne relève donc pas de la seule famille, et l’enfant n’est pas uniquement le produit de sa culture familiale. L’idéologie dominante d’une société porte une responsabilité importante dans la construction identitaire des enfants et de leurs valeurs sociales.

Aujourd’hui, il est plus que temps de redéfinir ces valeurs éducatives républicaines. D’aucuns objecteront que cette simple réévaluation et son application aux enfants est digne d’un fonctionnement totalitaire. Prenons le temps de l’analyse du système actuel. Dès l’école primaire, sans doute avant, le travail est individuel et chaque élève est valorisé à partir d’une réalisation qu’il effectue seul. Les grands pédagogues Freinet et Maria Montessori ont démontré qu’un tel système promeut la réussite individuelle et la compétition entre les individus. L’individualisme et le manque de considération entre les individus sont bien cultivés au cœur de notre système éducatif.

Efforçons-nous à l’inverse de construire dès aujourd’hui un système éducatif dans lequel l’individu ait toute sa place mais où l’entraide et la capacité à collaborer soient valorisées. La solidarité est une valeur souvent familiale qui s’acquiert tout au long de la vie ; nous souhaitons que l’institution joue désormais un rôle moteur dans la promotion des valeurs sociales.

On ne peut en effet s’inquiéter de la délinquance juvénile sans s’interroger sur le projet de société que nous leur promettons et sur sa valeur morale. Car la morale n’est pas qu’une notion veillotte des leçons de nos grands-parents. La morale est l’expression directe des qualités qu’une société attend des membres qui la composent. Il ne s’agit pas de ré-instituer des cours de morale, mais de promouvoir à tout moment dans la vie des élèves les éléments éthiques que nous souhaitons voir se développer. Ce n’est qu’à ce prix que nous construirons une société plus juste.

Nous souhaitons donc construire, pas à pas, un nouveau modèle d’éducation qui ne se contente pas de dépoussiérer les programmes. Nous souhaitons avec l’ensemble des acteurs du champ éducatif et par un procédé démocratique, jeter les bases d’un système éducatif qui porte dans chaque aspect les valeurs d’une république sociale.

Fautes de moyens et de dispositifs adaptés, l’Éducation nationale a mis en place différentes classes de niveau permettant aux élèves en difficulté de ne plus se trouver en échec. Les CLIS et SEGPA répondent à ces objectifs mais bien souvent l’inscription dans la filière SEGPA implique une orientation vers des métiers pénibles. Nous sommes conscients de l’implication des personnels éducatifs pour accompagner au mieux les enfants. Il nous apparaît néanmoins qu’il manque encore des structures dont la visée ne soit pas le maintien de l’enfant dans une filière, mais bien de lui permettre de combler ses lacunes et de réintégrer le cursus classique.

Enfin nous souhaitons que les adolescents qui sortent du système scolaire avec une faible qualification soient accompagnés vers l’insertion par un dispositif plus clair et qui autorise à chaque étape de valider des unités de valeur (UV). Il s’agit de donner du sens à tout instant qu’un jeune passe dans un établissement : d’une part en ayant une vision claire du parcours que nous lui proposons, mais aussi en lui permettant autant que faire se peut de valoriser ses temps de présence.

Si l’accueil proposé aux enfants entre 0 et 6 ans est une spécificité française dont on peut mesurer les effets bénéfiques, on ne peut pour autant se satisfaire d’une situation où plus de la moitié des enfants entre 0 et 3 ans vivant sur notre territoire n’ont accès à aucun mode de garde institutionnel (collectif ou individuel – assistante maternelle). Les études concernant l’accueil des 0 à 3 ans mettent en évidence que les populations les plus défavorisées se trouvent souvent dans l’impossibilité de bénéficier de ces lieux.

Or la crèche, comme l’accueil chez une nourrice agréée, constitue les premières étapes de la socialisation de l’enfant. Priver un enfant de mode de garde extérieur revient donc à le priver d’une ouverture à l’autre. Notre démarche ne vise évidemment pas à imposer un mode de garde quelconque, mais bien à rendre possible cet accueil pour l’ensemble de la population du territoire. Il nous appartient de mettre en place un dispositif qui soit à la hauteur des capacités de nos nouveau-nés.

Il nous paraît indispensable qu’un service public de la petite enfance soit constitué. L’État, en partenariat avec les parents, a un rôle éducatif à jouer auprès de ces enfants en construction. Il s’agit de dessiner les contours d’un système respectueux des parents, de toutes leurs cultures, tout en favorisant l’éveil et la socialisation des enfants qui fréquenteront ensuite les écoles de la république. La prévention de l’exclusion scolaire se joue en amont de la scolarité, dans la pédagogie et les moyens déployés dès l’accueil dans une école.

Les stages de parentalité que les collectivités territoriales ou l’État imposeraient à des parents jugés défaillants pose une nouvelle fois la question du contrôle social coercitif que certains aimerait faire jouer encore davantage à l’État. Devenir parent est une épreuve ; prendre le temps de comprendre son enfant et de construire des réponses, diverses et adaptées, est un défi. Il est évidemment du rôle de l’État de proposer de l’aide à l’individu vivant l’aventure de la parentalité.

De la même manière que la sexualité et la reproduction humaines, l’éducation et son histoire pourraient faire l’objet d’une matière enseignée aux élèves dans le cadre de leur temps de scolarité obligatoire. Il s’agit ici de prévention au sens large. Une histoire non normative de l’éducation et des conceptions construites sur ce sujet serait profitable à tout jeune accueilli dans le système scolaire.

 

Retraites: de la mise en déficit (volontaire) de notre système de salaire continué par répartition I septembre 8, 2010

Aujourd’hui deux jeunes sur trois estiment qu’ils ne toucheront pas à l’age de la retraite une pension suffisante. La crise économique que nous connaissons fait naître dans notre population une insécurité a court et moyen terme : beaucoup d’entre craignent de ne pouvoir éviter une période de chômage durant leur carrière. A cette insécurité a court et moyen terme s’ajoute donc désormais une insécurité a long terme : Toucherons nous une retraite suffisante pour vivre décemment.

Le gouvernement joue actuellement avec cette peur. Monsieur Sarkozy en affirmant que « une retraite sur dix n’est pas financer » (est-ce la mienne ?) et Monsieur Fillon et évoquant les 100 milliard manquant pour les retraites (en omettant de préciser qu’il s’agit de 2050) jouent brillamment avec cette peur pour justifier le plan qu’il nous propose. Un plan qui fait reposer en majeure partie l’effort sur l’individu.

Il serait néanmoins irresponsable de prétendre que, sans réformes, notre système de retraite est viable. En 2025 le nombre de retraite aura augmenter de 50%. Il sera donc nécessaire d’augmenter d’un tiers le financement. Notons que dans les trente dernière années la part des ressources consacrées au financement des retraites est passé de 6 a 12%.Pour conserver l’équilibre il faudrait atteindre 18% en 20 ans.

Depuis 2002 les gouvernements dénoncent le trou abyssal de la sécurité sociale:

- 23,5 millions de besoin de financement en 2009 contre 10,2 en 2008

- 30 milliard de déficit annuel jusqu’en 2012.

Les graphiques dont j’ai eu connaissance laissent apparaître un décrochage important en 1993 du fait de la récession avec une perte de 30 milliards de FRANCS par ans. En 20 ans nous sommes avons le déficit annuel a été multiplié par 6.54 ( de 30 milliards de France a trente milliards d’euros) . Le déficit annuel de la Sécurité Sociale représente 1,5 point de PIB. A l’intérieur de ces 1,5 point de PIB les retraites comptent pour 0,6. L’ensemble de la dette public représente 7,5 points : soit 144,8 milliards par ans.

En dette cumulée nous atteignons la dette de 115 milliards d’euros pour la sécurité sociale sur 1489 milliards de dette publique : La dette de la sécurité sociale ne représente que 8% des déficits publics, il faut prendre conscience qu’a l’intérieur de cette dette la part des retraites tournent autours de 20%. Pour sortir de cet partie un peut technique et chiffré notons simplement que le trou abyssal que constitue les retraites en France n’est en fait qu’une faible partie du trou abyssal de la dette publique.

Notons aussi que l’attaque contre le système est forte et se fait sans que jamais ne soit mentionné les faits suivants :

- Depuis 1979 le taux de cotisation patronal reste gelé.

- De la même façon le taux de cotisation salarial ( qui était passé de 8% à 26 % de 1950 à 1990) stagne ou recul : Il n’est que de 10% pour le smic).

De fait le système connaît un assèchement des ses ressources qui est SANS lien avec une quelconque question démographique mais simplement avec une politique de gestion de ces ressources. (cf Bernard Friot, l’enjeu des retraites)

La question de la dette est directement a mettre en lien avec celle de la fiscalité : Si une dette existe cela signifie que mes entrées financières (impôts) sont inférieure a mes dépenses. Il s’agit alors de comprendre la cause de se déséquilibre. Si nous Acceptons de payer nos impôts c’est que nous reconnaissons que l’usage qui en est fait sert l’intérêt général: il est juste que je paye si cela permet à tous de vivre mieux. L’acceptation d’un impôt

Les exonérations de cotisations patronales sont un phénomène relativement nouveau: Elles étaient quasiment nul il y a 20 ans et sont en forte augmentation depuis 1990. les exonération représentent en 2009 30,3 milliards d’euros. Ces exonérations sont compensées par l’état mais avec quel argent ?

Il faut prendre conscience que less cotisations sociales pour la part patronale doit être considéré comme un salaire socialisé. Dispenser une entreprise de payer cette part, c’est l’autorisé à baisser brutalement le salaires de ses employés. Les liberaux présentent la part patronal comme une taxe qui nuirait à la compétitivité de nos entreprises. Les mots on un poid, un salaire n’est pas une taxe c’est la rémunération d’un travail. Nous ne pouvons accepter que l’état dispense des entreprises de payer leurs salariées.

Et ce d’autant plus quand les exonérations ne cesse de démontrées leur inefficacités. Elles ne jouent pas un rôle d’incitation à l’emploi sensible et crées des trappe à bas salaires. Rappelons que les exonérations sont total en ce qui concerne le SMIC et ne retrouve leur taux plein que lorsque les salaires atteignent 1,6 SMIC). Il est dès lors extremement avantageux pour un employeur de tasser les salaires autours des tranches les plus exonérées.

D’une part les cotisations ne nourrissent pas le système de retraite par répartition, d’autre part elles incitent les patrons à moins payer leurs employés. Les salaires sont donc plus faible ce qui impact l’importance de la part salarial des cotisations. Un véritable système perdant-perdant.

(Avant 1994 pas compensées en cumulé: 35 milliards d’euros)

Une véritable réforme (rappelons que réforme est défini dans la langue française comme un changement apportant une amélioration, pas un simple changement) commencerait par purifié le système de financement des retraites avant d’envisager de demander aux citoyens de faire l’effort de travailler plus pour des salaires continués de moins en moins important (sens des réformes depuis au moins 2003)

 

des roms des étrangers et des nuages de fumées septembre 6, 2010

Je reprends le clavier sans doute a contre temps mais tant pis. Il m’a sans doute fallu du temps pour croire en la réalité des discours et des actes posés depuis le discours de montpellier du chef de l’état. La politique est peut être moribonde en tout cas elle touche au surnaturel et le surnaturel reste étranger pour moi (on rentre dans le coeur du sujet).

La question des roms, des roumains (le gouvernement est il capable de faire une distinction?) cache en premier lieu un discours sécuritaire qui est effrayant. Le discours de Monsieur Sarkozy a Grenoble est en ce sens édifiant.

Le président propose que certains criminels portent un bracelet électronique quelques années après l’exécution de leur peine. Entendons nous soit une peine est achevé soit elle ne l’est pas. Si je sors de prison j’ai le droit d’aspirer à reprendre une vie “normale” à souhaiter une réinsertion, à vivre “en liberté”. Le bracelet électronique est une forme d’incarcération au domicile: je ne peux sortir que pour travailler ou durant des horaires déterminés. En tant que peine privative de liberté elle ne peut être considéré comme étant ordonnée à la fin de ma peine. Si j’ai “payé ma dette” par l’incarcération a quel titre serais je en plus condamné après ma peine à une nouvelle peine sans nouveau délit!

Il suffirait pour rendre possible ce projet du président qu’une loi prévoit un temps automatique durant lequel le condamné soit obligé de porter un bracelet: je vous condamne à 5 ans de prisons ET à deux ans de contrôle électronique.  Le durcissement législatif ferait un nouveau bon, mais cette façon de procédé serait “légale”.

Ce qui inquiète dans la politique sécuritaire de notre gouvernement est cette idée récurrente que la privation de liberté peut se passer de juge. On la retrouve dans une loi prévoyant l’augmentation du temps de rétention administrative des étrangers en situation “irrégulière”  sans en référer au magistrat.

On le retrouve dans la loi “HSP”: je cite “Ce projet fait du « soin sans consentement » le modèle du soin psychique. Il maintient l’exception française en Europe d’une loi spécifique pour le traitement sous contrainte en psychiatrie, sans qu’un juge intervienne dans l’autorisation de cette privation de liberté. En posant le principe d’un soin sous contrainte imposable tant à l’hôpital qu’au domicile du patient, il y ajoute l’atteinte à la vie privée. Ainsi, les patients, fichés et contraints, se verraient enfermés dans une véritable trappe psychiatrique : considérés à vie comme des malades mentaux potentiellement dangereux.” (une pétition à signer)

Ce qui est visé c’est le principe même du droit de chacun de se défendre d’une part et, si l’on a été reconnu coupable le droit de s’amender et de se réinsérer (voir de “guérir”).

La question des Roms est un épi-phénomène de cette politique gouvernementale. La répression touche tout le monde et principalement les populations les plus défavorisés. Dans le cadre de cette répression de la pauvreté il aurait été absurde que le gouvernement oublie la question roms. Cette population qui vit dans des bidon ville moderne de petits boulots, de mendicité et parfois de larcins et la cible idéal pour notre courageux gouvernement. Voila un peuple qui ne bénéficie que de peu de moyen financier pour se défendre et qui n’a pas d’Etat qui les soutiennes d’une façon soutenu et volontaire. Le statu de roms en Roumanie n’est pas simple  (dans peu de pays de l’est en fait) et les roumains vivent de peu de chose dans leur pays.

“La délinquance de nationalité roumaine” à Paris aurait augmenté de 138 % en 2009, et de 259 % en 18 mois. Il a également ajouté : “Aujourd’hui, à Paris, la réalité est que près d’un auteur de vol sur cinq est un Roumain”, a dit M. Hortefeux, et “un vol commis par un mineur sur quatre l’est par un mineur roumain”.

Pour analyser ces chiffres je laisses la parole à un sociologue (Laurent Muchielli) :

“1) Tournons nous d’abord vers les statistiques de police, les plus connues. Elles ne distinguent que les nationaux des étrangers, sans donner le détail des nationalités concernées. Rien sur les Roumains donc. Par ailleurs, pour évaluer ici le poids de la délinquance des étrangers, il faut évidemment en retirer les “infractions à la police des étrangers” telles que le défaut de papiers en règle, qui dépendent beaucoup des contrôles au faciès et qui ne sont en quelque sorte qu’une délinquance administrative. Ceci fait, on peut alors calculer la part des étrangers parmi les personnes “mises en cause” (suspectées) pour l’ensemble des crimes et délits. Or cette part a baissé en 2009 (12,5 %) par rapport à 2008 (13,5 %). Si donc la délinquance des Roumains avait si fortement augmenté que le dit le ministre, elle aurait du baisser encore plus fortement chez d’autres étrangers. On aimerait savoir lesquels…
2) Etudions ensuite une statistique de justice, hélas peu connue. Le recensement des condamnations prononcées par les tribunaux français contient, lui, le détail des nationalités. Les deux dernières années publiées sont 2007 et 2008. Et entre ces deux dates, le nombre de personnes de nationalité roumaine condamnées a baissé d’environ 6 % (passant de 4 562 à 4 300 personnes). Ainsi, les deux seuls indices fournis par les statistiques publiques contredisent radicalement les tendances annoncées par le ministre”

Nous nous retrouvons donc face à un discours stigmatisant une population étrangère sans que le gouvernement ne puisse affiché le moindre chiffre étayant des propos qui ne sont pas loin d’être un appel à se défier des roumains que nous pourrions croisés dans la rue. Finalement ce sont probablement des délinquants.

Il y a peu de temps le gouvernement évoquait les années 30 pour parler du comportement des médias en ce qui concerne leur collègue Eric Woerth. A mon tour je me sens tirer vers une époque passée. Une époque où il est possible qu’un gouvernement s’en prenne à une population parce que électoralement il espère en tiré bénéfice.

La sémantique, le phrasé, le vocabulaire et la pensé du gouvernement est inquiétante je ne prendrais pour exemple que cette petite phrase entendu au journal de france 2 à la fin de la conférence de presse de Monsieur Hortefeux. Celui ci après avoir présenté ses chiffres fantômes sur la délinquance des “roms” conclu: “mais il n’y a pas que les roms qui commettent des actes de délinquances, d’autres étrangers aussi” (je cites cette phrase de mémoire, elle date de quelques jours mais elle trotte dans ma tête depuis).

Brice Hortefeux conclu brillamment cette séquence: il y a d’autres étranger aussi…

 

changement dans l’interface du blog juillet 16, 2010

Filed under: Uncategorized — sebchin @ 7:44

petit billet pour vous signaler deux innovations dans l’interface de ce blog

1/ Widget de communication instantanée

vous trouverez dans la partie droite du blog un “widget” destinée a ouvrir une discussion instantanée avec moi ou d’éventuel autres collaborateurs de Unbael

2/ Widget twitter

ou apparaitront quelques tweet issues de mon compte twitter

bonne lecture !

 

bilan de la vidéo surveillance juillet 15, 2010

j’évoquais dans un billet sur le lopsi II la volonté du gouvernement de généraliser la vidéo surveillance. La cours des comptes régionale ainsi que des chercheurs du cnrs ont étudié l’impact et le coût de l’implantation de caméras sur la ville de lyon

  1. commençons par le coût:

- la ville deLyon a dépensé en moyenne 855 000 euros par an depuis 2003 pour l’installation des caméras

- la ville dépense en moyenne 200 000 euros par an de maintenance et de fonctionnement du système de caméras
- les salaires des 29 agents du centre de supervision urbaine, soit au
moins 900 000 euros par an. (29 agents en 2009. Le service tourne 24h/24, avec 7 équipes de 3 personnes se relayant)

- S’ajoutent enfin le coût des locaux et des
équipements du CSU ainsi que les coûts d’audits d’installation et d’évaluations annuelles, généralement confiés à des cabinets privés.
Pour les chiffres connu nous voila donc avec une ardoise pour les lyonnais de plus de 2 millions d’euros par ans.
En 2009-2011 la mairie entend augmenté le nombre de caméras de vidéo surveillance (les caméras sont passées de 59 à 183 entre 2001 et 2007 et devait monter à 219 en 2009).
Cette augmentation du nombre d’installation entrainera une augmentation des coût de fonctionnement et d’entretien.
2- passons aux résultats:
Selon les informations du CSU, en 2008 les faits
signalés ont entraîné environ 200 interpellations (sans doute un peu plus car le CSU n’a pas systématiquement de communication des suites données par la police nationale), soit une moyenne d’environ 1 procédure par caméra et par année.
Par ailleurs, les images ont été requises dans 322 procédures judiciaires, soit une moyenne d’environ 1,7 procédure par caméra et par année. Ce qui est vraiment très faible.
La même année (2008), la police nationale a enregistré sur la ville 47 257 crimes et délits, dont 20 604 dits de voie publique.
Les chercheurs de conclure que:
“l’impact de la vidéosurveillance sur la délinquance constatée par la police nationale à Lyon est de l’ordre de 1 %. “

les magistrats de la cours des comptes sont encore plus sévère dans leur jugement du dispositif:
« Ainsi, en l’état actuel des données, relier directement l’installation de la vidéosurveillance et la baisse de la délinquance est pour le moins hasardeux. Si l’on compare, par exemple, l’évolution de la délinquance de voie publique entre Lyon, qui a fortement investi dans ce domaine, et Villeurbanne, où la commune n’a pas souhaité s’y engager, on observe que la baisse est la plus forte dans la commune qui ne bénéficie d’aucune caméra de voie publique ».

Quand l’on songe que le plan interministérielle de prévention de la délinquance 2009-2011 s’appuie en grande partie sur la généralisation de la vidéo surveillance pour résoudre le problème de l’insécurité on peut commencer à s’alarmer:
En plus d’être couteux ce dispositif est efficace à la marge.
Les industriels ayant investit dans ce secteur peuvent se frotter les mains en dépits de la faible efficacité de leur produits l’Etat et les collectivités locales s’en équiperons.
Finalement l’Etat n’est pas en faillite, il peut se payer le luxe d’acheter des gadgets inutiles!
Enfin reste la question de l’emploi: l’argent investit dans la vidéo surveillance ne sera pas investit dans la police de proximité, dans des éducateurs de quartiers, dans des structures d’insertion, ni dans une politique de l’emploi…. .
Donc ni de création de postes “humains” pour prendre en charge les personnes vivants dans des quartiers sensibles ni de renforcement des dispositifs d’aides aux personnes en difficultés du vent quoi !
ps: Ce billet s’appuie fortement sur l’article de laurent muchielli dont je remercie l’implication et le travail.
 

 
Suivre

Get every new post delivered to your Inbox.