L’exemple suédois doit nous inspirer. Avec 6% des suffrages exprimées le Parti des démocrates Suédois fait une percée. Certes cette percée n’est pas spectaculaire, mais il permet à cette formation d’obtenir des députées. Ce parti, qui semble être né de la fusion de plusieurs mouvements clairement identifiés comme néo-nazi, accède donc à la représentation nationale.
Cette montée des extrêmes s’observe en Europe depuis le début des années 80, cette progression est loin d’être linéaire mais est sensible. En 2009 L’Italie est co-dirigée par la droite et la ligue du nord, l’Autriche, le Danemark, la Slovaquie, la Lettonie et la Bulgarie ontdes élus d’extrêmes droites dans leurs Parlements Nationaux ( et ces partis d’extrême droites ont donc fait des score leur permettant d’entrer au Parlement).
Le discours politique de l’extrême droite est traditionnellement un habile mélange de populisme et de xénophobie. Constatons que si la droite extrême monte c’est que la perméabilité entre les valeurs et la sémantique utilisée par les partis traditionnels et ceux d’extrême droite est de plus en plus sensible
Il me semble que la question de la confiance dans le système de la représentation choisie se pose avec une acuité particulière dans ces circonstances. Le principe général de la représentation résidé dans la sélection par une élection sur la base d’un programme. Ces représentants sont alors « investis » de l’intérêt général.
Il y a comme un acte de foi dans cet intérêt général qui prendrait nécessairement corps dans celui qui accède à une position de décision politique. Il faut croire que le représentant ne peut faire autrement que de porter l’intérêt de tout les français équitablement du seul fait qu’il est accédé à l’élection.
Le débat autour de la représentation concernent généralement le principe de représentation direct (avec mandat impératif ou non) ou indirect. La représentation directe autorise un contrôle strict du pouvoir par les citoyens mais nécessite une telle révolution de fonctionnement qu’aucun pays n’a pu allier ce système avec la réactivité nécessaire. Ceci n’est pas impossible en soi mais n’a pas encore été réalisé. Au demeurant la représentation direct n’est pas une garantie que l’intérêt général soit porté au pouvoir. Le représentant direct court le risque de ne représenter que les intérêts des groupes qui l’on portés au pouvoirs. Dans un régime parlementaire reste alors les difficultés de faire de la somme de ces intérêts quelque chose qui les transcendent.
La représentation indirecte doit permettre aux élus de se détacher des intérêts uniques des électeurs les ayants portés aux pouvoirs pour atteindre cet intérêt supérieur de la nation. Mais ce détachement conduit les élus (inévitablement semble t’il) à perdre contact avec la vie quotidienne de leurs administrés.
Que l’on opte pour une représentation direct ou indirect nous trouvons en commun la difficultés de savoir ce qu’est un représentant, de savoir ce qui l’anime.
En France, le principe de représentation prend la suite de la royauté. Il m’apparaît qu’elle est en quelques sortes en filiation avec la mystique de l’ancien régime. Le représentant, l’élu est aussi royal que le roi mais il ne doit pas cette royauté à Dieu mais « au peuple ». Ce peuple qui finalement n’est appelé à se prononcer que si il remplit une condition censitaire ce qui revient a dire que les puissants (économiquement) élisent les garants de l’intérêt général. Cette filiation entre les deux régimes me semble encore avoir du poids dans nos institutions actuelles. L’homme politique croit réellement que sa légitimité tient à son élection et ça c’est une mystique.
Car l’élection n’est finalement que le processus par lequel nous sélectionnons, tant bien que mal, ceux qui doivent nous représenté. L’élection permet de repérer les personnes qui doivent fa partir de nos aspirations, de nos valeurs, de nos projets, crée les lois et le cadre les rendants possibles.
L’élection ne légitime pas l’action mais seulement la position. Du fait de l’élection il est juste que tel représentant siége a telle chambre. Mais en aucun cas le fait d’être élu du peuple n’assure la légitimité ou la légitimité à produire un texte de loi.
Cette position peut apparaître comme radicale. Pourtant elle se justifie par deux moyens. Un moyen comptable et un moyen éthique. D’un point de vue comptable, en France, les modes de scrutins à deux tours sont un obstacle à la possibilité de réclamer sa légitimité du fait de l’élection. Le vote du deuxième tour n’est pas systématiquement un choix d’adhésion mais un choix de raison. Seul ceux qui ont votés pour un candidat ou une liste se maintenant au second tour est dans la situation d’avoir choisi sont représentant. A ce fait il faut ajouter les abstentionnistes qui, pour une part, n’ont pas trouvé de candidates les représentant.
De fait l’homme élu ne l’est que du fait d’une faible proportion des citoyens qu’il est censé représenté. Sa légitimité ne peut en aucun cas être issue de ce faible nombres d’adhésion à sa candidature. La légitimité doit dès lors provenir d’autre chose.
(le moyen éthique m’échappe pour l’instant je l’ajouterais sous peu)
Il est dans l’habitude des hommes politiques de faire remarquer que les mesures qu’ils promulguent sont légitime parce que contenu dans leur programme. On ne peut que se féliciter que des nos représentants tiennent leurs engagements. Néanmoins le programme que présente un parti est un bloc pour lequel on vote dans son ensemble. Mon adhésion à la proposition X n’engage pas nécessairement mon adhésion à la proposition Y.
Il arrive qu’un homme politique explique que la réforme qu’il porte est légitime parce que contenu dans son programme et que la désapprobation de la rue, ou de l’opinion, n’est pas légitime à revenir sur le vote des citoyens. L’honnêteté devrait le pousser à reconsidérer sa position. Etre élu pour un programme ne rend pas de fait légitime l’ensemble des mesures contenues dans ce programme.
Nous voila donc rendu à un point ou nous avons évoqué les moyens ne donnant pas la légitimité à un élu. Il s’agit donc de rechercher par quel moyen un élu peu obtenir cette légitimité.
Si elle ne vient ni de l’élection ni de l’adhésion du peuple à son programme (qui n’est en aucun cas démontré par l’élection) il faut qu’il puisse la trouver autrement. J’avance mon opinion sur ce qui me semble en capacité de fonder une réelle légitimité du représentant élu.
Il me semble qu’un représentant ne peut se dire légitime que s’il adopte une certaine posture en ce qui concerne sa fonction. Il doit considérer que sa fonction est celle d’un passeur, il doit désirer plus que tout s’inspirer des idées et des projets des petits gens, écouter. Il doit être en mesure d’entendre, non pas les spécialistes seulement, non pas les lobbyistes uniquement, mais avant tout la parole de ceux qui quotidiennement affronte la rugosité de notre société pour faire émerger de possibilités de réformes qui améliore le quotidien des élécteurs. Un représentant ne peut rechercher sa légitimité que dans sa connaissance, presque individuel, du petit peuple qui a été amener a votée.
Ceci peut être une démarche personnelle, ceci peut être le travail d’un élu qui tente de faire vivre quotidiennement une sorte de démocratie participative dans sa circonscription. Une démocratie qui ne se contente pas d’avoir des conseils de quartier qui parle de leur vie de quartier mais des conseils de quartier qui soient amener a se positionner sur des questions dépassant leur cadre de vie.
C’est une démarche qui peut aussi être institutionnalisé. Il reste alors a définir un cadre permettant d’évaluer si le représentant du peuple rempli les conditions qui le rende légitime. L’institutionnalisation implique un débat de fond sur la méthode que nous choississons pour rendre impératif ce travail de terrain.