UnBabel: un blog de résistance

Elargir la démocratie

Nous n’avons plus besoin d’homme politique ! octobre 24, 2011

La crise économique à au moins le mérite de faire naître un consensus qui s’étend du centre et la droite traditionnel : la seule politique doit être celle de la rigueur. Tout programme politique qui aurait comme projet une dépense public est nécessairement insoutenable. la seule voie politique responsable serait l’orthodoxie économique: la maîtrise des dépenses érigées comme projet politique.

Ce faisant nous voila avec une importante frange du monde politique qui abdique le fondement même de leur coeur de métier. Car après tout si il s’agit de gérer d’une façon comptable le pays, avons nous alors réellement besoin d’hommes politiques? La France dispose d’un certain nombre de grands fonctionnaires et de gestionnaires dont nous connaissons aujourd’hui la capacité de gérer des institutions sans projet stratégique, mais avec un budget restreint. il faut rendre hommage à la direction des grands ministères qui pratique depuis 5 ans, avec talent l’art de faire vivoter sans argent: le ministère de l’éducation national, de la justice, du travail, de la santé ont réussirent à donner l’illusion de leur fonctionnement durant cette mandature.

Peu de reforme portant des valeurs ou un projet politique ont été menée. En matière de santé la loi HSPT ne cache en réalité que la volonté de l’état de maîtriser et d’abaisser le coût des politiques sociales et de santé sans regard pour la qualité des services rendus. L’éducation nationale n’a connu aucune reforme sérieuse sous cette mandature si ce n’est le non remplacement d’un fonctionnaire sur deux. la justice a vu son budgets fondre et n’a connu que des reformes conjoncturelles et liés à des faits divers, durcissant les réponses pénales et délaissant tout les outils de préventions.

Les autres ministères n’ont connus de reforme qu’un affaiblissement de leurs compétences et de leur moyens d’action. Bref rien qui ne nécessite la présence d’un homme politique aux commande. s’il est admis que seule une politique de rigueur visant le remboursement de la dette doit être menée la conclusion naturelle est alors que nous n’avons pas besoin d’homme politique pour le faire . notons qu’en période de rigueur, cette économie devrait être appréciable. Nous avons la possibilité historique d’ouvrir des postes d’économie sur les postes de ministres, de Cabinet et de conseillers en communication. Économie qui devrait ravir les têtes pensantes des agences de notations.

Il est étonnant de voir l’incapacité des hommes de droite et du centre ne pas en venir a la conclusion logique de leur action politique. La position de François Bayerou vus a vus du programme du ps est illystrante au possible. Le programme est intenable nous dit il, et la gauche et la droite doivent être responsable et mener ensemble la SEULE politique possible: la rigueure. il ne peut plus y avoir de clivage : l’homme politique a pour mission de parvenir a faire de la règle d’or une réalité. Mais si la mission de l’homme politique n’est plus d’inventer, d’élargir id champ du possible, de changer les lois qui organise la société et o’économie, alors id désenchantement de la politique atteint sa conclusion logique: dans un siècle sans -idéologie des comptables feront toujours mieux que les politiques.

 

Faire de la politique autrement III :Redéfinir le principe même de représentation novembre 15, 2010

Filed under: faire de la politique autrement — sebchin @ 8:33

 

L’exemple suédois doit nous inspirer. Avec 6% des suffrages exprimées le Parti des démocrates Suédois fait une percée. Certes cette percée n’est pas spectaculaire, mais il permet à cette formation d’obtenir des députées. Ce parti, qui semble être né de la fusion de plusieurs  mouvements clairement identifiés comme néo-nazi, accède donc à la représentation nationale.

 

Cette montée des extrêmes s’observe en Europe depuis le début des années 80, cette progression est loin d’être linéaire mais est sensible. En 2009 L’Italie est co-dirigée par la droite et la ligue du nord, l’Autriche, le Danemark, la Slovaquie, la Lettonie et la Bulgarie ontdes élus d’extrêmes droites dans leurs Parlements Nationaux ( et ces partis d’extrême droites ont donc fait des score leur permettant d’entrer au Parlement).

 

Le discours politique de l’extrême droite est traditionnellement un habile mélange de populisme et de xénophobie. Constatons que si la droite extrême monte c’est que la perméabilité entre les valeurs et la sémantique utilisée par les partis traditionnels et ceux d’extrême droite est de plus en plus sensible

 

Il me semble que la question de la confiance dans le système de la représentation choisie se pose avec une acuité particulière dans ces circonstances. Le principe général de la représentation résidé dans la sélection par une élection sur la base d’un programme. Ces représentants sont alors « investis » de l’intérêt général.

 

Il y a comme un acte de foi dans cet intérêt général qui prendrait nécessairement corps dans celui qui accède à une position de décision politique. Il faut croire que le représentant ne peut faire autrement que de porter l’intérêt de tout les français équitablement du seul fait qu’il est accédé à l’élection.

 

Le débat autour de la représentation concernent généralement le principe de représentation direct (avec mandat impératif ou non) ou indirect. La représentation directe autorise un contrôle strict du pouvoir par les citoyens mais nécessite une telle révolution de fonctionnement qu’aucun pays n’a pu allier ce système avec la réactivité nécessaire. Ceci n’est pas impossible en soi mais n’a pas encore été réalisé. Au demeurant la représentation direct n’est pas  une garantie que l’intérêt général soit porté au pouvoir. Le représentant direct court le risque de ne  représenter que les intérêts des groupes qui l’on portés au pouvoirs. Dans un régime parlementaire reste alors les difficultés de faire de la somme de ces intérêts quelque chose qui les transcendent.

 

La représentation indirecte doit permettre aux élus de se détacher des intérêts uniques des électeurs les ayants portés aux pouvoirs pour atteindre cet intérêt supérieur de la nation. Mais ce détachement conduit les élus (inévitablement semble t’il) à perdre contact avec la vie quotidienne de leurs administrés.

 

Que l’on opte pour une représentation direct ou indirect nous trouvons en commun la difficultés de savoir ce qu’est un représentant, de savoir ce qui l’anime.

 

En France, le principe de représentation prend la suite de la royauté. Il m’apparaît qu’elle est en quelques sortes en filiation avec la mystique de l’ancien régime. Le représentant, l’élu est aussi royal que le roi mais il ne doit pas cette royauté à Dieu mais « au peuple ». Ce peuple qui finalement n’est appelé à se prononcer que si il remplit une condition censitaire ce qui revient a dire que les puissants (économiquement) élisent les garants de l’intérêt général. Cette filiation entre les deux régimes me semble encore avoir du poids dans nos institutions actuelles. L’homme politique croit réellement que sa légitimité tient à son élection et ça c’est une mystique.

 

Car l’élection n’est finalement que le processus par lequel nous sélectionnons, tant bien que mal, ceux qui doivent nous représenté. L’élection permet de repérer les personnes qui doivent fa partir de nos aspirations, de nos valeurs, de nos projets, crée les lois et le cadre les rendants possibles.

 

L’élection ne légitime pas l’action mais seulement  la position. Du fait de l’élection il est juste que tel représentant siége a telle chambre. Mais en aucun cas le fait d’être élu du peuple n’assure la légitimité ou la légitimité à produire un texte de loi.

 

Cette position peut apparaître comme radicale. Pourtant elle se justifie par deux moyens. Un moyen comptable et un moyen éthique. D’un point de vue comptable, en France, les modes de scrutins à deux tours sont un obstacle à la possibilité de réclamer sa légitimité du fait de l’élection. Le vote du deuxième tour n’est pas systématiquement un choix d’adhésion mais un choix de raison. Seul ceux qui ont votés pour un candidat ou une liste se maintenant au second tour est dans la situation d’avoir choisi sont représentant. A ce fait il faut ajouter les abstentionnistes qui,  pour une part, n’ont pas trouvé de candidates les représentant.

De fait l’homme élu ne l’est que du fait d’une faible proportion des citoyens qu’il est censé représenté. Sa légitimité ne peut en aucun cas être issue de ce faible nombres d’adhésion à sa candidature. La légitimité doit dès lors provenir d’autre chose.

 

(le moyen éthique m’échappe pour l’instant je l’ajouterais sous peu)

 

Il est dans l’habitude des hommes politiques de faire remarquer que les mesures qu’ils promulguent sont légitime parce que contenu dans leur programme. On ne peut que se féliciter que des nos représentants tiennent leurs engagements. Néanmoins le programme que présente un parti est un bloc pour lequel on vote dans son ensemble. Mon adhésion à la proposition X n’engage pas nécessairement mon adhésion à la proposition Y.

Il arrive qu’un homme politique explique que la réforme qu’il porte est légitime parce que contenu dans son programme et que la désapprobation de la rue, ou de l’opinion, n’est pas légitime à revenir sur le vote des citoyens. L’honnêteté devrait le pousser à reconsidérer sa position. Etre élu pour un programme ne rend pas de fait légitime l’ensemble des mesures contenues dans ce programme.

Nous voila donc rendu à un point ou nous avons évoqué les moyens ne donnant pas la légitimité à un élu. Il s’agit donc de rechercher par quel moyen un élu peu obtenir cette légitimité.

 

Si elle ne vient ni de l’élection ni de l’adhésion du peuple à son programme (qui n’est en aucun cas démontré par l’élection) il faut qu’il puisse la trouver autrement. J’avance mon opinion sur ce qui me semble en capacité de fonder une réelle légitimité du représentant élu.

 

Il me semble qu’un représentant ne peut se dire légitime que s’il adopte une certaine posture en ce qui concerne sa fonction. Il doit considérer que sa fonction est celle d’un passeur, il doit désirer plus que tout s’inspirer des idées et des projets des petits gens, écouter. Il doit être en mesure d’entendre, non pas les spécialistes seulement, non pas les lobbyistes uniquement, mais avant tout la parole de ceux qui quotidiennement affronte la rugosité de notre société pour faire émerger de possibilités de réformes qui améliore le quotidien des élécteurs. Un représentant ne peut rechercher sa légitimité que dans sa connaissance, presque individuel, du petit peuple qui a été amener a votée.

 

Ceci peut être une démarche personnelle, ceci peut être le travail d’un élu qui tente de faire vivre quotidiennement une sorte de démocratie participative dans sa circonscription. Une démocratie qui ne se contente pas d’avoir des conseils de quartier qui parle de leur vie de quartier mais des conseils de quartier qui soient amener a se positionner sur des questions dépassant leur cadre de vie.

 

C’est une démarche qui peut    aussi être institutionnalisé. Il reste alors a définir un cadre permettant d’évaluer si le représentant du peuple rempli les conditions qui le rende légitime. L’institutionnalisation implique un débat de fond sur la méthode que nous choississons pour rendre impératif ce travail de terrain.

 

 

Faire de la politique autrement 2: Construire ensemble (de la question des contres pouvoirs dans un parti politique et mandat imperatif) mars 18, 2010

Faire de la politique autrement, comme je tentais de l’argumenter dans mon premier billet, est donc partir à la recherche des causes profondes du désamour entre les citoyens et leurs représentants . Il s’agit de construire un parti politique à partir de la population même qui ne se reconnait plus dans les choix qui leur sont proposés à chaque élection. Cela peut sembler une gageure:  ces citoyens qui ne se déplacent même plus dans un bureau de vote lors des élections pourraient constituer le terreau d’une nouvelle force politique?

Il me semble de ma place de citoyen que nombre de Français pourraient aspirer à participer à une nouvelle forme d’engagement politique. Ce que nous tentons, bien que nous ne soyons encore qu’une poignée, de faire au M.U.P est de proposer le cadre, la structure, qui donne à un tel mouvement ses conditions vitales d’existences. Il s’agit de créer un mouvement ouvert qui ne s’enferme pas dans une ligne politique dogmatique, de créer une force politique qui reste indépendante autant que faire ce peu de la pression des élections.

Francois Parlant (pour le citer à nouveau) énonce parfaitement le risque qu’encours tout parti politique, en création ou non: Toute formation risque de s’inscrire dans un risque de reproduction en vase clot de ses “cadres” et de fait de se couper des personnes et idées nouvelles qui naissent quotidiennement sur le terrain. Il s’agit dès lors de créer un mouvement qui apprécie autrement son rôle que dans les partis traditionnels.

La première question est celle de la circulation des individus dans et en dehors du parti. Il s’agit de créer un mouvement qui soit à la fois suffisamment solide et stable pour compter sur l’échiquier politique et pour autant qui ne soit composé que marginalement de “professionnel” de la politique. Toute la difficulté réside dans cet équilibre dans lequel un mouvement populaire doit se maintenir.

je m’explique:

- Il me semble qu’un parti ne peut se passer d’un noyau de personnes travaillant autant que faire ce peu à construire le mouvement, à lui donner une place publique, une place parmi les partis politiques. Imposer des idées nouvelles nécessite que certains d’entre nous construisent des relais parmi les autres partis politiques, avec la presse. Il y a un vrai travail technique aussi de connaissance de la loi, des institutions, de façon à rendre nos propositions crédibles et directement applicables. Le fait même qu’un parti dispose de permanent, nous l’avons vu, favorise l’apparition d’une coupure entre le souci des permanents de conserver leurs postes et le travail de résolution des problèmes économiques et sociaux. Il y a un réel noeud gordien entre cette nécessité d’avoir des personnes qui disposent d’un savoir technique et de temps et la nécessite de ne pas se couper de la base et de ne pas récréer un régime technocratique dans le parti même.

- il est donc nécessaire de prévoir des mécanismes régulateurs dès la fondation du parti de façon à assoir les bases d’une nouvelle forme d’organisation qui protège le but que nous servons: Inclure un maximum de gens “issue” de la société civile dans les instances dirigeantes du parti pourrait être l’une des clefs. Je pense au mode d’organisation des associations. Leur conseil d’administration (extérieur à l’activité immédiate et quotidienne des personnels de l’association) intervient pour interroger le directeur sur le lien entre les missions que l’association se donne et les moyens qu’elle met en oeuvre pour y parvenir. De ce dialogue entre professionnel et conseil d’administration peuvent apparaitre de nouvelles idées, de nouveau mode d’organisation, de nouveaux chantiers. Le conseil d’administration dispose d’un pouvoir réel sur l’institution, un pouvoir financier, un pouvoir décisionnaire… .

De la même façon, il me semble qu’un parti politique pourrait se doter d’un “conseil d’administration” dont le rôle serait de servir de contre-pouvoir interne (finalement) aux élus et permanents qui travaillent quotidiennement à la gestion et au développement du parti. Plus qu’un simple contrôle par les militants lors des assemblées générales électives ou des congrès qui rythme la vie des organisations syndicales et politiques existantes, les administrateurs auraient finalement un droit de regard plus important, peut être plus indépendant sur la direction que prend le parti.

Ce contre-pouvoir ne dispense pas de réfléchir à la façon même dont les responsabilités sont distribuées au sein du parti. Nous savons, historiquement, toutes les réticences que le mandat impératif a rencontrées dans les systèmes politiques. Difficile à mettre en oeuvre sur l’ensemble d’un territoire il pourrait prendre une place dans un parti politique. L’idée n’est pas de définir totalement les méthodes et les actions à entreprendre pour les individus nommés par ce type de mandat. Il s’agirait plutôt de fixer une ligne directrice que le porteur du mandat se sentent en capacité de réaliser. Les porteurs de mandats seraient donc choisis pour accomplir une tache (organiser le travail de telle ou telle commission, monter un  réseau dans un but défini…) pour un temps défini.

Ce sont, pour l’heure, les deux pistes que je suis capable d’imaginer pour tenter d’éviter dans l’organisation même d’un mouvement, la coupure entre les membres de l’exécutif (élus, permanents…) et la société dans son ensemble.

J’ouvre ici a vos idées, vos proposions, sur cette question.

 

faire de la politique autrement 1: Porter un constat de crise démocratique (abstention et représentativité) mars 18, 2010

LE 22 mars, les élections régionales seront derrière nous. Il est plus que probable que la quasi-totalité de ces régions soit alors dirigée par un conseil régional représentant l’union de la gauche. Cette victoire annoncée ne doit pas être banalisée. Elle marque une lassitude des citoyens “actifs” d’une politique sarkoziste dont nous sentons durement les effets aujourd’hui. La question du “bouclier sociale’ que les régions comptent opposer au “bouclier fiscal” mis en place illustre la profonde divergence de manière de faire entre la droite et la gauche.

La joie de voir la politique antisociale du gouvernement désavoué ne doit pas nous cacher le problème de fond que connait le monde politique.  Depuis 1986 les élections régionales sont “boycottées” par au moins 25% des électeurs, les élections législatives voient leur taux d’abstention tourner entre 21 et 40 % d’abstention depuis 1981. Ce taux d’absentéisme a de plus tendance à grimper année après année.  (source: http://fr.wikipedia.org/wiki/Abstention_en_France)

Une société ne peut se dire démocratique  sans se poser honnêtement la question de l’abstention. Honnêtement, c’est a dire en dehors de l’analyse portée en période électorale, c’est à dire en dehors toute tentation de récupération politique de ces citoyens qui  se maintiennent en dehors des élections. C’est l’ensemble du système qui doit se remettre en cause en commençant par acter qu’il n’est plus en capacité de fédérer réellement les citoyens dans les bureaux de vote.

À l’abstention il est nécessaire d’ajouter ces citoyens qui votent “contre” une formation politique qui porte des projets et des valeurs que ces citoyens rejettent. Il faut ajouter les citoyens qui votent pour faire barrage. Barrage à l’extrême droite, barrage à la politique de casse du service public, barrage à la gauche, barrage au socialisme… . Si ces citoyens-là se déplacent, votent, on ne peut faire l’économie de leur problème et leur problème est la question de la représentativité.

Le système politique que nous avons choisi s’appuie sur cette notion de “représentation”  nous déléguons quelques individus dans lesquels nous nous reconnaissons pour qu’ils portent des projets en accord avec des principes dans lesquels nous nous reconnaissons. En admettant que des citoyens usent d’un vote-barrage, nous admettons qu’ils ne se reconnaissent dans aucune formation politique existante. De fait, bien qu’ayant voté pour faire obstacle au pire, ils se retrouvent non représentés dans les instances décisionnaires.

Au confluent de l’abstention et du vote barrage, nous trouvons une cause commune. Le sentiment fort que le monde politique est coupé du monde social. Que nos élus ne connaissent que mal la société et les difficultés que leurs administrés rencontrent.

L’homéostasie du monde politique peut en ce sens être effrayante. En dépit des échecs qu’a rencontrés le P.S lors des élections de 2002, 2004, 2007… malgré la volonté de réforme du parti, il retombe régulièrement sur ses bases. L’absence de figure nouvelle est anecdotique, ce qui l’est moins c’est l’incapacité à se reformer comme force de gauche portant des valeurs alternatives à celle de la société de libre marché capitaliste. Le P.S n’a sans doute pas vocation à être révolutionnaire, il a vocation a être réformiste. La réforme est une arme qui bien maniée peut être un outil aussi efficace (et moins traumatisant) que la révolution. Le P.S doit se poser la question de la répartition des richesses: dans les Échos du 9 avril 2009 paraissait une courbe intitulée “le partage de la valeur ajoutée dans les sociétés non financières”. L’analyse du graphique montre sans ambiguïté que la part de rémunération plonge depuis 1983 alors que celle de la marge continue d’augmenter, 100 milliards d’euros qui en 1983 allaient aux salariés nourrissent aujourd’hui l’augmentation de la marge. 100 milliards d’euros!  La gauche ne peut éviter de se poser la question d’un réajustement de la marge par apport aux salaires.

Sarkozy et son gouvernement ne mènent pas une politique qui est plus en lien avec la société dans la quel nous vivons. Malgré les manifestations, la colère des syndicats, le mal-être “visible” des salariés, leur politique de gestion capitaliste ne fléchit pas. Le gouvernement prétend gérer la société comme on gère une entreprise privée. La chasse à la réduction des coûts est lancée: diminution du nombre de fonctionnaires par deux, vente du patrimoine immobilier de l’état, fermeture de tribunaux, casernes et hôpitaux.

Si l’objectif d’un gouvernement est la diminution des coûts, j’entends qu’a minima il applique correctement cette philosophie.  La réduction du nombre de fonctionnaires par deux rapportera au mieux et à terme 500 millions par ans à l’état. Le bouclier fiscal a “couté” 578 millions à l’état en 2007. (source: http://fr.wikipedia.org/wiki/Bouclier_fiscal), si on ajoute les différents dégrèvements d’impôts consentis par le gouvernement (ex: baisse de la tva dans la restauration: 2.5 milliards d’euros en estimation basse). On observe que les économies réalisées par le gouvernement ne couvrent pas les nouvelles dépenses.

Nous reparlerons du cout social de la diminution des fonctionnaires par deux: Justice, Education Nationale, Police, Hôpitaux…

Pour conclure ce premier et long billet sur la question de l’abstention et de la représentativité je voulais citer l’économiste Francois Partant:

“Aujourd’hui les électeurs ne votent pas pour les représentants de leur choix, ils ne peuvent voter que par les candidats désignés par les partis. Subtile élection au deuxième degré, qui assure la stabilité de la classe politique. Depuis le début de la Veme République, cette classe se reproduit elle-même sans aucun scrupule. Le chef d’État choisit les hommes qui lui conviennent et les transforme en notables en leur confiant des postes de responsabilité. Puis ces notables se présentent à la députation et sont élus puisqu’ils sont des notables (ou grâce aux manoeuvres qui permettent d’orienter le vote). Les électeurs entérinent les choix de l’État. Mais les représentants du peuple ne représentent en réalité que le pouvoir lui-même.” (que la crise s’aggrave, francois Partant, 1979)

Cette question du “choix” de représentants proposé au peuple par les partis politiques, cette “subtile élection au deuxième degré”  dont parle Partant doit être l’un des points de réflexions principaux d’une réforme du monde politique. Si les hommes politiques apparaissent aujourd’hui aussi loin du peuple c’est que le mécanisme de cooptation est utilisé depuis trop longtemps et  que ces fils en sont devenus visibles.

Partant poursuit ” Il est évident que le contrôle populaire sur cette classe dirigeante est nul. Une délégation de pouvoir donnée tous les 5,6,7 ans… n’est qu’un blanc seing à perpétuité” les évènements s’enchainant (déjà en 1979) la population est “sur abreuvée de faits et de commentaires contradictoires, mais sous informés..”

Le Mouvement Unitaire Progressiste initié par Robert Hue est une construction politique d’une forme nouvelle qui à pour but d’amener les citoyens privés de voix à être entendu par le monde politique, a accéder aux responsabilités. Loin de posséder toutes les réponses aux questions posées par la crise institutionnelle que nous connaissons, nous travaillons à construire peu à peu un chemin qui permette de sortir de l’ornière. En attendant vos contributions, je vous souhaite la bienvenue sur ce blog.

Sébastien Chinsky

 

 
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